Les prises de position disent ce qu'un candidat affirme sur un sujet, une fois, avec une citation à l'appui. Les transcripts disent autre chose : ce qu'il répète. On a compté les mots des vidéos déjà analysées — celles où au moins une position a été extraite — et mis le résultat sur une page Lexique.
145 767 mots ont été retenus, chez quatorze candidats. Les mots-outils sont écartés (le, la, je, nous, est, donc, voilà…), ainsi que les noms des candidats et des partis, et quelques mots trop génériques pour dire quoi que ce soit (« État », « République »). Il reste le vocabulaire de fond.
Ce que tout le monde dit
Trois mots arrivent en tête, et ils n'appartiennent à personne : travail (432 occurrences), justice (431) et enfants (422). « Système », « europe », « droit », « loi » et « liberté » suivent, employés à gauche comme à droite. Ce n'est pas un programme : c'est le vocabulaire des plateaux.
Ce qui sépare les camps
D'autres mots pèsent d'un seul côté. À gauche, climatique (190), écologique, logement. À droite, prison (112, uniquement à droite), peine, peines, magistrats, nucléaire. Au centre, Attal et Philippe parlent surtout d'école (305 au total, dont 86 chez Attal et 74 chez Philippe).
La page colore chaque mot en fonction de qui l'emploie : rouge à gauche, bleu à droite, gris quand le mot est partagé ou centré. Un clic donne la fréquence par candidat, ramenée à 10 000 mots, pour que le volume d'un seul ne masque pas les autres.
Quelques signatures
Jean-Luc Mélenchon a le plus gros volume (26 933 mots retenus). Ses mots les plus fréquents : peuple, eau, loi, travail. Marine Tondelier revient sur écologie (82), gouvernement, enfants, climatique. Raphaël Glucksmann parle d'Europe et de démocratie.
Gabriel Attal : système (117), immigration (106), voté, école. Édouard Philippe : enfants (88), école (74), justice. David Lisnard accumule justice (106), système, liberté, nucléaire, magistrats. Chez Marine Le Pen, le vocabulaire judiciaire domine les vidéos analysées : cour, cassation, appel, peine — le procès d'inéligibilité pèse dans le décompte.
Les mots du mois
Le classement global mélange des années de plateau. Sur les 30 derniers jours, on pondère par le nombre de candidats qui disent le mot — une interview isolée ne suffit pas. En tête : école, travail, société. « Mayotte », très présent chez Philippe, recule. Ce nuage est sur la page d'accueil.
Ce que ce n'est pas
Ce n'est pas un programme comparé, ni un classement de thèmes. C'est un décompte brut. Les transcriptions sont automatiques et portent sur l'émission entière : les questions des journalistes, les relances, parfois un plateau, entrent dans le total. Un débat compte pour chaque candidat qui y a des positions extraites. « Retraite » et « retraites » restent deux mots distincts. Quelques scories passent encore (un « grognement » mal sous-titré, un prénom de journaliste).
Le détail de la méthode est public. Le lexique se consulte ici, avec un filtre par camp (gauche, centre, droite) et par candidat.