Le 6 septembre, invité du 20H de TF1, Fabien Roussel a officialisé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027. Les adhérents du PCF l'avaient validée trois jours plus tôt, à 72 %. Il se présente sous un mot d'ordre d'une syllabe : Vivre.

C'est sa deuxième campagne présidentielle après 2022. Il défend une candidature autonome, à distance de la primaire engagée entre le Parti socialiste et Place publique.

Ce qu'il a dit ce soir-là

De cet entretien, notre extraction tire onze prises de position adossées à une citation verbatim. Elles dessinent une campagne construite autour du travail et de l'industrie.

« Vivre avec un travail qui paye correctement, qui permet de faire ses courses, élever ses enfants, vivre d'un travail dans lequel on s'épanouit. »

Les propositions les plus précises de l'entretien :

  • Industrie — doubler la part de l'industrie dans le PIB, soit « 2 millions d'emplois à créer ».
  • Énergie — « doubler la production d'électricité nucléaire, renouvelable, hydraulique », dans le cadre d'un plan climat assorti d'une trajectoire carbone.
  • Fraude fiscale — « les fraudeurs, eh bien ils passent par la case prison, ou alors la déchéance des droits civiques ».
  • Retraites — refus de l'abattement de 10 % sur les pensions : « pour nous c'est hors de question ».
  • Budget — « il ne faut pas nous imposer un budget qui va imposer des sacrifices aux retraités, aux personnes malades ».

Où il se sépare du reste de la gauche

Sur la plupart des sujets, Roussel se situe dans le bloc de gauche sans s'en détacher. Sur un point, il en sort franchement : le nucléaire.

L'axe va de −2 (sortie du nucléaire, 100 % renouvelables) à +2 (relance du nucléaire). Moyenne des positions extraites pour chaque candidat de gauche :

  • Fabien Roussel — +1,5
  • Raphaël Glucksmann — 0
  • Olivier Faure — −0,5
  • Marine Tondelier — −1,1
  • Jean-Luc Mélenchon — −1,4

Là où Roussel promet de doubler la production nucléaire, Mélenchon parle d'« un équipement nucléaire qui n'existe pas » et de machines « qui ne fonctionnent pas ». Ce n'est pas une nuance de campagne : c'est la ligne du PCF depuis des décennies, et elle reste le point de friction le plus net entre lui et le reste de la gauche.

L'arithmétique n'a pas bougé

Depuis le 1er août, les intentions de vote au premier tour donnent, en moyenne :

Mélenchon16,3
Glucksmann12,6
Ruffin5,0
Faure4,5
Tondelier3,6
Roussel2,9
Arthaud1,1

Ces moyennes sont d'inégale solidité : Mélenchon, Tondelier, Roussel et Arthaud sont testés dans une trentaine de scénarios sur la période, Ruffin dans deux et Faure dans quatre — leurs chiffres sont donc indicatifs. Et pris isolément, ils se commentent mal : tous ces candidats ne sont pas testés dans les mêmes scénarios. Il faut regarder à l'intérieur d'un seul sondage. Dans les hypothèses les plus récentes — Ipsos et OpinionWay début septembre, Cluster17 le 1er —, cinq candidats de gauche sont testés ensemble et totalisent entre 29,5 % et 38 % selon la composition retenue.

Sur la même période, Marine Le Pen est créditée de 34,1 % à elle seule. C'est tout le problème que la déclaration de Roussel ne résout pas : la gauche additionnée pèse à peu près autant qu'une seule candidate, répartie sur cinq bulletins.

Ce qu'on ne sait pas encore

Le dernier sondage de notre base a été réalisé jusqu'au 3 septembre — avant la déclaration du 6. Aucune enquête publiée à ce jour ne mesure donc l'effet de l'annonce.

Ce qu'on peut dire, c'est d'où il part. Sur un an, la moyenne de Roussel s'est effritée : 3,9 % en septembre 2025, 2,9 % depuis le 1er août, 2,6 % sur les enquêtes de septembre. En 2022, il avait fini à 2,28 %. La barre des 500 parrainages, elle, ne dépend d'aucun de ces chiffres.

Les positions citées sont extraites automatiquement des transcriptions, chacune adossée à une citation verbatim horodatée et vérifiable sur la fiche du candidat. Les sondages proviennent de l'agrégation Wikipédia (CC BY-SA) ; les moyennes sont des moyennes brutes des scénarios testés, non pondérées.